des Gabales aux Saint-Pierriers...

une histoire de Saint-Pierre, du début jusqu’en 1790, pour aller vite...

** En gaulois, «gabal» signifie une fourche.

*** Leur nom pourrait signifier «Les blonds» ou se rapporter à la présence de nom-breuses rivières sur leur territoire.
 

Il y eut d’abord ceux qui habitaient les grottes, sur les falaises. On en a peu de traces, on sait qu’ils étaient là. Mais ils ne bâtirent pas. On ne connaît pas leurs noms. Puis à la fin de l’âge du fer (VIIIe siècle avant J.-C.), il y eut des Celtes. Ils s’installèrent. Ici. A leur tour. D’abord sur les rebords des plateaux, qu’ils hérissèrent de murs de pierre sèche. Puis, à partir du VIe siècle avant J.-C., sur les plateaux eux-mêmes, ils bâtirent des murailles totalement closes. Ce sont les “enceintes protohistoriques”. Trois sont sur le causse Méjean*. Celle du Mont Buisson se trouve au nord-ouest de Saint-Pierre, à 1,5 km à vol d’oiseau, elle aurait été un lieu de culte, et le siège d’un temple rustique.

Puis il y eut des Gabales**, des Rutènes***, et des Volques Arécomiques. Des Gaulois, pour aller vite. Ils s’installèrent ici. Aussi. Les Gabales s’installèrent sur le causse Méjean ; les Rutènes dans la vallée, vers le Rozier et sur le causse Noir ; les Volques Arécomiques - venus vers le IIIe siècle avant J.-C. des régions danubiennes - entre Meyrueis, le mont Aigoual et Nemausus (aujourd’hui Nîmes). Les Celtes devinrent gaulois.
En 121 avant J.-C., Rome s’empare de ce qui deviendra la Narbonnaise, puis en 52 avant J.-C., César soumet la Gaule, toute la Gaule. Les Romains s’installent ici. A leur tour. Les Gaulois devinrent gallo-romains****.

A la chute de l’Empire, après des incursions vandales, c’est au tour des Wisigoths de s’installer ici. Les Gallo-Romains devinrent wisigoths. Quelques siècles.

Puis les Omeyyades d’Al-Andalus, qu’on appelle Sarrasins, arrivent ici. Et même plus haut, jusqu’à Poitiers, lorsque le général Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhaqi est tué par Charles Martel en 732. Les Wisigoths devinrent sarrasins.

Mais les Francs s’installent. Ici. Et à nouveau les Sarrasins. Puis les Francs. Puis les Sarrasins. Puis les Francs. Pour aller vite.

Tout ça, la vallée, le causse, appartinrent donc tour à tour à la Gaule, à l’Empire, aux royaume franc, wisigoth, au Languedoc, à l’Aquitaine, au comté d’Alès, au comté de Nîmes, au comté de Toulouse, etc.

Ici, à quelques kilomètres et au milieu de tout ça, un premier monastère est bâti au XIe siècle, à l’origine du Rozier, grâce à un don des seigneurs de Capluc. Puis en 1075, le legs est augmenté, et l’église de Sancti Petri de Stirpia, accompagnée de plusieurs terres et divers droits, est cédée au prieuré du Rozier. Elle est donc antérieure à cette date, bâtie aux alentours de 1050-1080.

Arrive l’hérésie cathare, qui s’installe d’autant plus facilement que la région est marquée par l’arianisme des Wisigoths. Puis échoue. Le Languedoc est rattaché au royaume d’oil.

Puis les Guerres de religion, entre huguenots et catholiques, ravagent la région. L’église de Saint-Pierre et le prieuré sont saccagés à plusieurs reprises, restaurés entre 1635 et 1650.

En 1790, la paroisse de Saint-Pierre est érigée en commune, orthographiée “des Tripiers” pour aller vite, et voici comment des Gabales, des Rutènes, etc., devinrent des Saint-Pierriers, mais pour aller très vite, évidemment...


 

* L’enceinte du Mont Buisson, à Saint-Pierre des Tripiers, celle du Mas Saint Chély, et celle de Hures la Parade.

Les premières traces d’un habitat permanent dans le vallon de la Jonte remontent à la fin de la Préhistoire. La région est partagée entre différents peuples celtes : Gabales sur le causse Méjean, Rutènes vers le Rozier et sur le causse Noir, Volques Arécomiques entre Meyrueis, le mont Aigoual et Nemausus (Nîmes).

Les Gabales - en latin Gabali - sont un peuple gaulois, client des Arvernes demeurant en Gévaudan. Ils participent à la coalition gauloise aux côtés des Arvernes. Leur chef-lieu gallo-romain était Anderitum, présente sur la Table de Peutinger, qui retrace les routes de postes romaines. (Anderitum au contournement est de l’Aubrac, Anderitum appelée ensuite Anderitum Gabalorum, devenue Javols).

Les Rutènes - en latin Ruteni - sont un peuple de la Gaule celtique du sud du Massif central. Leur territoire s’étendait sensiblement sur les actuels départements du Tarn et de l’Aveyron, délimité par le plateau de l’Aubrac au nord et les confins de la Montagne Noire au sud. La définition précise des limites de ce territoire est cependant discutée, compliquée par la division entre Rutènes libres et Rutènes provinciaux après la conquête romaine de 125-121 avant J.-C. Au milieu du premier siècle avant notre ère, ce peuple était sous l’autorité de rois ou de chefs qui faisaient figurer leur nom sur les monnaies de bronze : Attalos et Tatinos.

Les Volques Arécomiques constituent un peuple celte qui aurait émigré au IIIe siècle av. J.-C., depuis les régions danubiennes jusque dans le sud de la Gaule.